Côté art & patrimoine, Finistère 2

La faïencerie Henriot à Quimper, un beau hasard, une belle visite

Un hasard. 1 heure d’attente à combler place Bérardier à Quimper. La porte rouge de la Faiencerie Henriot me fait face. J’aime bien les bols mais bon, de là à passer 1 heure dans une boutique… c’est pas un peu vieillot la faïence !!
De l’autre côté de la place j’ai le jardin du Prieuré. J’y vais. C’est très joli, un peu sauvage. Tonnelles, plantes médicinales, quelques abeilles, le bruit d’une fontaine et l’Odet pour compagnie. J’ai fait le tour et Henriot est toujours là.

La porte rouge est entrouverte maintenant. Une invitation.

Le bol prénom de votre enfance

Si le nom Henriot ne vous dit rien il y a pourtant beaucoup de chance qu’il soit dans vos souvenirs. On a tous bu un chocolat dans un bol avec son prénom peint dessus, non ? Et bien, ce bol c’est made in Quimper. Attention aux imitations : le VRAI bol prénom signé HENRIOT-QUIMPER a des oreillettes, le « biscuit » est réalisé à Quimper,  il est entièrement peint et calligraphié à main levée (à la différence du Pornic !) à… Quimper. C’est une oeuvre d’art, même ébréché, même avec une oreille en moins, on le garde toute sa vie. S’il vous plait n’achetez pas une imitation made in china à 10 euros #criducoeur !

La visite de la faïencerie Henriot

J’arrivais juste pour le départ de la visite.  5€,  un ticket et la guide nous entraîne à l’étage, par une porte discrète, dans l’antre de la faïencerie. Ici pas de photos et pas de bruits, les ouvriers travaillent en silence, en méditation. On passe d’un poste à l’autre, tout est expliqué avec didactique, on peut toucher, les moules, la matière première. La guide répond à toutes les questions. Quelle est  la matière première (un mélange d’argile, de poudre de verre et de silice), le temps de cuisson (9 heures + 6 heures après émaillage et peinture), qu’est-ce que la peinture  » à la touche » (à main levée), combien d’employés (27)… J’aurai bien essayé de fabriquer mon bol (il y avait des cessions de stage de 3 jours fut un temps je ne sais pas l’expérience sera renouvelé cette année).

Le coeur de la maison c’est le grenier dans lequel sont gardées touts les archives, les moules, les exemplaires parfois uniques de plâtres… des bigoudens de Quillivic, des bustes de Bazin, un vrai trésor sur de modestes étagères de bois.

Henriot et les artistes contemporains

Ce que j’aime le plus chez Henriot, à part son bol, c’est sa faculté à évoluer et à démontrer que la faïence ce n’est pas un art dépassé. Les alliances avec les artistes contemporains ont toujours été un point fort depuis Mathurin Méheut* qui signa le Service de la Mer dans les années 20. Une partie de la boutique expose les dernières oeuvres d’artistes comme Yann Kersalé dont j’ai pu admirer les lampes inspirées des coiffes de ses tantes. Finesse, légèreté et design. Je vous conseille pour un cadeau les colliers avec perles de faïence. Et vous avez vu les nouveaux bols à facettes de Pung (quoi, encore un bol !!!).

Au fond d’une des salles de la boutique, sur une étagère, quelques plats, 2 bols à la peinture, on le sent, un peu maladroite : ce sont les oeuvres qui m’ont le plus touchées et elles sont signées par les apprentis de l’atelier. Une bonne idée serait de les mettre mieux en avant.

*Oh merveille, ce service vient d’être réédité et est exposé dans la galerie Henriot. Exposition « Mathurin Méheut, retour à la faïencerie », jusqu’au 7 mars. Entrée libre

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Quimper. Au coeur de la faïencerie HB-Henriot par Letelegramme

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2 Commentaires

  • LadyMilonguera says: 02/02/2015 at 10 h 29 min

    Très intéressante cette visite…

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  • […] Ce que j’aime à Quimper ce sont toutes ses légendes. A commencer par l’histoire de sa fondation liée à la fameuse Cité d’Ys. Ys était la ville construite sur les flots, au large de Douarnenez, par le roi Gradlon pour sa fille Dahut. La belle aimait la fête et les hommes, ne se privant pas ! Dahut se débarrassait allègremet de ses amants au petit matin, les malheureux étant jetés dans la baie des Trépassés. Pas très chrétien tout cela ! Si peu convenable que le diable s’en mêla, séduis Dahut qui lui remit les clefs des écluses… et Ys se retrouva engloutie avec tous ses habitants. Seul Gradlon sur son cheval s’échappa abandonnant sa maudite fille aux flots. De retour sur le continent Gradlon se fit construire un nouveau château au confluent de l’Odet et du Steïr. Kemper signifie confluent. Un jour le roi Gradlon se perdit dans les Monts d’Arrés. Il fut sauvé de la famine par l’ermite Corentin à qui il promit une cathédrale. Corentin fut le 1er évèque de Cornouaille et sa cathédrale est celle que nous visitons aujourd’hui. Sur le parvis, levez la tête entre les 2 flèches du bâtiment, vous apercevrez Gradlon sur son cheval qui veille sur sa ville ! […]

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